De la Terre à la Pâte

Poterie du Jōmon naissant, 10.000 à 8.000 av. JC

Poterie, terres cuites, faïences grès, porcelaine tous ces mots sous le terme générique de céramique désignent des objets façonnés par l’homme à partir de terres variées, objets cultuels objet utilitaires, ustensiles culinaires ou décoratifs….

 

Avant de devenir apte à la réalisation d’objets, l’argile brute devait subir une longue préparation qui pouvait durer des mois. Cette terre pâteuse, collante, grise ou rougeâtre ne peut être utilisée telle quelle. Pour éviter de sévères craquelures au séchage, l’argile doit être mélangée à d’autres terres comme de la marne contenant du calcaire ou du sable constituant un apport de silice.

Épurée, débarrassée de tout corps étranger, après adjonction d’eau de source, dans une fosse appelée fouloir, un ouvrier, pieds nus, marchait sur cette terre pour l’homogénéiser jusqu’à obtenir une pâte onctueuse.

Puis on laissait pourrir la pâte pendant environ une année pour détruire tous les éléments végétaux par décomposition.

Fontenay-Le-Marmion, "La Grande Pièce" - Poterie de l'Âge de Bronze

Mais on devait encore la piétiner pour éliminer les gaz de fermentation, la pétrir pour chasser l’air, la battre pour la rendre souple et malléable.

Ensuite on la faisait ressuer pour qu’elle perde un peu de son eau.

C’est alors que la pâte était prête pour être tournée ou moulée.

De la terre à la pâte il fallait du temps, beaucoup de temps.

À chaque usage correspondait un type d’argile ou une composition d’argiles.

Il en est toujours ainsi de nos jours : les pâtes, pour une céramique donnée, sont de savants mélanges de terres et d’argiles de provenances les plus variées..