L'art de la céramique

S’il est commun d’attribuer les premières poteries à la préhistoire, des découvertes récentes nous apprennent que cet art était connu il y a plus de 20.000 ans.

La céramique est née de la transformation sous l’action du feu d’un matériau très répandu, l’argile, du grec “keramos”, appellation introduite en 1768 par l’archéologue PASSERI.

Les grandes familles

La céramique d’art est classée en 4 grandes familles dont les différences sont dans la mise en œuvre, la cuisson et l’enduit qui les imperméabilise :

  • Les poteries,
  • Les faïences,
  • Les grès,
  • Les porcelaines.

Les techniques ont évolué, et si les étapes de fabrication sont identiques, chaque artisan, chaque fabrique a ses recettes et procédés gardés secrets.

Le façonnage

On trouve de l’argile à peu près partout. Elle contient des impuretés comme l’oxyde de fer, le titane, la magnésie… qui lui donnent des colorations diverses.

Avant malaxage et séchage, l’argile est épurée, manuellement ou par triage. Pour obtenir la bonne consistance, l’artisan y intègre un dégraissant (silice, chamotte…), et incorpore un fondant (cendres, feldspath, chaux…) pour abaisser le point de température de fusion.

Le façonnage de la pâte est réalisé de différentes façons qui peuvent être combinées :

  • Le modelage à la main à partir de colombins, cylindres de terre roulés sur une table, et assemblés pour élaborer une pièce,
  • Le tournage au tour, technique très ancienne qui permet de concevoir des formes très différentes,
  • Le moulage qui permet la reproduction à l’identique.

Les décors

Le décor peut être réalisé au moment du façonnage ou après la pose de la glaçure et de l’émail. Il peut être coloré, peint, lithographié, décalqué, incisé, gravé, estampé, moulé, taillé, ajouré… Chaque technique à ses pratiques.

Les couleurs sont restreintes jusqu’au XVIIIe siècle car les oxydes métalliques supportant les températures de "grand feu" sont peu nombreux :

  • - oxyde de cobalt pour le bleu
  • - oxyde de cuivre pour le vert (le rouge, en cuisson réductrice seulement : très rare)
  • - oxyde de manganèse pour le violet, le mauve, en mélange pour le gris, le noir
  • - oxyde d'antimoine pour le jaune
  • - oxyde de fer pour le rouge, l'ocre, les bruns, en mélange pour le noir 

Les faïences de ̏ grand feu ̋ sont décorées sur l’émail cru. Après obtention d’un biscuit ou ̏ dégourdi ̋ par cuisson (vers 800/ 900°), elles sont recouvertes d’un émail stannifère opaque, dit émail cru, non cuit avant la pose du décor. L’opération est délicate car la terre, poreuse, boit les oxydes colorants.

Les faïences de ̏ petit feu ̋ reçoivent un décor sur émail siliceux cuit. Le décor peint est alors plus facile à poser. Les couleurs sont plus riches et nuancées car la pièce peut être portée plusieurs fois à des températures différentes. Apparues au XVIIe siècle, les faïences de petit feu connaîtront un grand développement en France au XVIIIe siècle.

La cuisson

La cuisson d’une céramique se singularise par son irréversibilité, il faut toutefois nuancer car les faïenciers savaient reprendre les pièces défectueuses. Elle s’effectue dans des fours à une température d’environ 960°C pour la faïence, de 1250 à 1400°C pour les grès et porcelaine.

L’installation des pièces dans le four est délicate. Les objets ont tendance à s’affaisser ou à cuire de façon hétérogène. L’art du faïencier réside donc également dans la maîtrise du placement et de l’empilage dans les fours.

Les faïences de grand feu subissent deux cuissons : la première appelée demi-cuisson ou dégourdi, fait perdre à la pâte son eau ; la deuxième a lieu après la pose du décor et de la glaçure.

La faïence au petit feu subit trois cuissons, le dégourdi, la grande cuisson et la cuisson du décor posé après cuisson de l’émail.